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Mardi 14 Février 2012



Jour 1, 13:52.
Le temps s'est ralenti presque jusqu'à s'arrêter. Je peux enfin me brosser les temps pendant trois minutes, regarder deux films d'affilée et consommer mes insomnies.








Elle ne ment jamais AlaskaYoung, à 13:50 et, si, "c'est un vrai mensonge".
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Samedi 11 Février 2012



"Et je lui aurais dit de poser le soleil, comme une lampe, au beau milieu de la terre. Comme ça, il aurait tout le temps fait jour."






Elle ne ment jamais AlaskaYoung, à 00:49 et, si, "c'est un vrai mensonge".
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Vendredi 27 Janvier 2012





J'écoute "Where is my mind ?" en me disant qu'il serait temps que je renouvelle mes références.
Malheureusement j'ai l'impression d'avoir perdu mes repères dans ce foutu labyrinthe. Je savais bien que les choses auraient été tellement plus simples si j'avais possédé un compas qui indique ce qu'on désire le plus au monde, je sais bien que j'ai besoin de ce putain de compas et d'un putain de phare à l'horizon, je sais aussi que j'écris de plus en plus "truc" et "putain" ; en fait j'aurais besoin de renouveler mes références et mon vocabulaire.
Il n'empêche que voilà, where is my foutu mind, qu'est-ce que je fabrique à la journée de l'enseignement supérieur noyée au milieu des terminales S, pourquoi je parle de réorientation tardive et radicale comme dans les brochures Onisep, pourquoi tout le monde autour de moi se casse la gueule dans ses études au même moment, pourquoi j'en suis à me demander si j'ai trouvé ma foutue vocation ou si je suis seulement en train de planifier un suicide scolaire dans les règles de l'art, tout ça un vendredi soir, avec une envie déchirante de me souler pour danser sur les chaises collées-serrées avec Léonor et penser à autre chose.
Je fuis. C'est le rite de passage, mais je fuis.
Je fuis et je mets les mots en italiques comme dans les livres de Gracq, ça me donne envie d'en arracher les pages et d'en faire des avions en papier, mais ça ferait cher l'avion en papier, alors je préfère continuer encore un peu à écrire, c'est pas perdu, c'est jamais perdu, il suffit ensuite d'imprimer recto, et au verso ça fera du papier brouillon pour les dix années à venir.
Je me regarde dans le miroir, j'ai l'air d'un petit fantôme.











Elle ne ment jamais AlaskaYoung, à 22:34 et, si, "c'est un vrai mensonge".
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Si je meurs aujourd'hui je ne serais jamais allée en Alaska, si je meurs aujourd'hui je n'aurais jamais fini d'écrire, si je meurs aujourd'hui je ne serais jamais sortie du labyrinthe. Si je meurs aujourd'hui je ne serais jamais partie en pèlerinage sur la tombe de Bukowski, je n'aurais jamais eu de carie, je n'aurais jamais quitté l'Europe, je n'aurais jamais embrassé une fille, je n'aurais jamais vu de panda ou de koala en vrai, je ne serais jamais montée à cheval, je n'aurais jamais couru dans la mer en hurlant "I'm free", je n'aurais jamais eu mon nom nulle part, je n'aurais jamais pris l'avion de nuit, je n'aurais jamais bu de cognac, je n'aurais jamais rien fait pour permettre l'accès à tout ce qui sommeille dans mon disque dur, je n'aurais jamais mangé de caviar, je ne t'aurai jamais dit "maintenant je reste pour ne plus repartir", je n'aurais jamais dit sérieusement à quelqu'un "ta gueule je m'en branle", je n'aurais jamais lu de livre en anglais,  je n'aurais jamais vu la fin de Shinning, je n'aurai jamais su ce que c'est d'avoir un petit qui grandit là sous le cœur, je n'aurai jamais teint mes cheveux, je n'aurais jamais mis une claque à quelqu'un, je n'aurais jamais offert à personne un de mes petits bouts de papiers gratuits, je n'aurais jamais eu de vrai travail, je n'aurais jamais su dire à ma famille que c'est important la famille, je n'aurais jamais vu la Californie, ni l'Amérique Latine, je n'aurais jamais publié de trucs proprement insultants sur facebook, je ne me serais d'ailleurs jamais désinscrite de facebook, je n'aurais jamais parlé à mes amies de ce que j'ai fait sur "Marilou sous la neige", je n'aurais jamais refait de canular téléphonique comme quand j'avais treize ans, je n'aurai jamais écrit de testament, je ne serais jamais allée à une avant première, je n'aurais jamais su correctement mes conjugaisons latines, je n'aurais jamais fait de parapente, je n'aurai jamais offert à mon père un voyage au Chili, je n'aurai jamais vu le rayon vert, je n'aurai jamais fait un lâcher de lanternes chinoises à moi toute seule,  je n'aurai jamais vu sourire la Joconde, je n'aurai jamais eu de chez moi, je n'aurai jamais eu la possibilité de réaliser mes projets fous, je n'aurai jamais gouté la saveur de la mort, je n'aurai jamais pu dire "oui", je n'aurai jamais compris pourquoi "les jours tristes" est si joyeuse, je n'aurais jamais vu d'étoile filante, je n'aurai jamais su s'il dit nos forces seront le destin ou nous forcerons le destin, je ne t'aurais jamais dit que j'ai toujours eu une petite préférence pour la seconde alternative, je ne t'aurais jamais expliqué la différence entre "second" et "deuxième", en te disant que tu es le second, si je meurs aujourd'hui je n'aurais jamais su ce qu'il y avait après, si je meurs aujourd'hui je n'aurais jamais pu me réveiller à tes côtés un jour lointain.




Si je meurs aujourd'hui j'aurais vécu avec toi, si je meurs aujourd'hui je me serais déjà endormie en pensant que je ne pourrais jamais être aussi heureuse qu'à ce moment donné, si je meurs aujourd'hui j'aurai déjà compris qu'il existait une sortie au labyrinthe. Si je meurs aujourd'hui j'aurais déjà dit "je t'aime", "je te hais", "je te veux", "je m'en fous", j'aurais déjà appris par cœur des poèmes, j'aurais pris l'avion de jour, j'aurai parcouru la France en train, j'aurai appris l'espagnol, je me serai baignée dans une mer et un océan, j'aurais toujours compté sur mes doigts, j'aurais cru des milliers de fois pouvoir me réveiller en étant quelqu'un de neuf, j'aurais couru sous la pluie, j'aurai fait l'amour en souriant, j'aurai fait l'amour en pleurs, j'aurais lu beaucoup de livres, j'aurais construit un igloo, j'aurais été ivre, j'aurais aligné trois années et demi d'études supérieures, j'aurais survécu au silver star, j'aurais fait 2400 km en bus, j'aurais pleuré en cours d'histoire au premier rang, je me serais roulée en maillot de bain dans la neige, j'aurais rencontré des putains de gens, j'aurais mangé deux piments chinois, j'aurais volé plein de trucs, j'aurais eu tous les schtroumpfs, j'aurais été fière des putains de gens, j'aurais raté deux mois et demi de cours en prépa littéraire,  j'aurais dormi à même le sol dans un refuge de haute montagne, j'aurais menti, j'aurais dansé,  je me serais coupé les ongles pour une très mauvaise raison, j'aurais écouté des musiques tristes dans le fond du métro, je me serais endormie dans plusieurs lits différents, dans un couloir, dans le bus, dans le métro, dans le train, dans l'avion, en cours, à la bibliothèque, au macdo, j'aurais serré des gens dans mes bras, j'en aurais fait rire certains,  j'aurais connu la chaleur des bars, j'aurais écrit des lettres, j'aurais désiré ton corps, j'aurais pété les plombs, j'aurais réussi mon permis du premier coup, j'aurais trouvé belles les filles, je me serais allongée sur le macadam, j'aurais reçu des surprises incroyables, j'aurais fait des bulles par la fenêtre, j'aurais fait trois vœux, j'aurais pleuré de rire certains soirs autour de la table à la maison, je me serais coupée plein de fois les cheveux parfois toute seule, j'aurais eu les mains très sales, j'aurais eu l'envie d'étreindre les gens dans la rue pour exprimer ce truc merveilleux qui te prend aux tripes, j'aurais séché les larmes d'un petit garçon fou que je haïssais en me disant que je l'aimais quand même, j'aurais eu le courage d'avoir des projets d'avenir, j'aurais joué aux pays des nounours et à la réception asiatique avec mes sœurs, j'aurais appris à faire du vélo,  j'aurais eu mal physiquement au point de souhaiter croire en dieu, j'aurais dormi sur des matelas à même le sol, j'aurais entendu dire ma prof de seconde que j'étais à l'écriture ce que La Callas était à l'opéra, j'aurais vu des feux d'artifices, j'aurais pris le bateau, j'aurais tutoyé la mort, j'aurais partagé tes jours et tes nuits plus belles que les leurs, j'aurais pleuré devant "sept vies", si je meurs aujourd'hui j'aurais vu Biutiful, si je meurs aujourd'hui tu auras lu ce texte, si je meurs aujourd'hui j'aurais connu ce truc, là.


Oui, décidément si je meurs aujourd'hui j'aurais été heureuse de m'être trouvée à cinq minutes de chez toi.
Tu sais, mes textes sont bordéliques mais les choses sont simples.














Elle ne ment jamais AlaskaYoung, à 01:51 et, si, "c'est un vrai mensonge".
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Dimanche 25 Décembre 2011





"Le chauffeur se calait dans son siège et on fonçait sur cette étroite bande de ciment bordée d'eau, et tous les passagers du bus, les vingt-cinq ou quarante ou cinquante-deux personnes, lui faisaient confiance ; moi : jamais. Des fois c'était un nouveau chauffeur et je pensais : comment sélectionnent-ils ces fils de pute ? L'eau était profonde des deux côtés ; à la moindre erreur d'appréciation, il nous tuait tous. C'était ridicule. Imagine qu'il se soit disputé avec sa femme ce matin ? Ou qu'il ait le cancer ? Ou des visions mystiques ? Mal aux dents ? N'importe quoi. C'était couru : il nous foutait en l'air. Je savais que si c'était MOI qui conduisais, j'aurais envisagé la possibilité ou eu l'envie de noyer tout le monde. Et quelques fois, après de telles considérations, le possible devient réalité."


Bukowski, Factotum.






 
Elle ne ment jamais AlaskaYoung, à 15:31 et, si, "c'est un vrai mensonge".
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Mardi 13 Décembre 2011





Elle nous quitte jamais la litanie des "ce soir je me couche tôt" et des "ça ira mieux demain". Elle s'accroche à nos pas, à nos paupières qui se ferment à l'heure où les gens respectables prennent leur repas de midi, elle sommeille dans chacun de nos espoirs déçus pour nous promettre encore et toujours du meilleur à venir. Le meilleur est avenir, l'avenir est devant nous, le monde est à nous et à nos cœurs - plus que nos visages - balafrés.


Envoyez-moi des fleurs, et vos dons en céréales ou en anxiolytiques.











Elle ne ment jamais AlaskaYoung, à 01:30 et, si, "c'est un vrai mensonge".
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Samedi 19 Novembre 2011


Ce soir je devrai encore arracher le sparadrap au creux de mon coude, ça fera une petite douleur, une de ces infimes petites douleurs qui tapissent nos jours comme un rideau d'arbres. Je me suis coupée le genoux avec le rebord tranchant d'un miroir, j'ai une ligne rouge qui le traverse de haut en bas.
C'est la ligne des minuscules douleurs. La même que la ligne de la main, celle du milieu. J'ai choisi celle du milieu parce que, chez moi, c'est la plus courte. Alors tant qu'à faire.

Je pense souvent à cette croyance juive, comme quoi plus tu casses de verres plus tu diminues ton quota de malchance. Jme dis que je devrai foutre toute ma vaisselle par la fenêtre pour être sûre qu'il m'arrivera rien.

 De toute façon j'ai de plus en plus de mal à prendre le métro sans écouter de musique, à marcher dans les rues sans sautiller, à ne pas me retourner quand je monte un escalier.
 J'ai de plus en plus de mal à exister sans me surprendre en train de vivre.

Tu sais, ce truc que tu me disais, comme quoi tu aimes bien la nuit qui tombe très tôt en hiver parce que ça quelque chose de romantique, et bien je crois que je commence à comprendre.

Peut-être qu'il s'agit simplement de construire sa vie sur des sables émouvants.






  
Elle ne ment jamais AlaskaYoung, à 21:28 et, si, "c'est un vrai mensonge".
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Lundi 14 Novembre 2011



J'ai toujours eu peur d'avoir la tête en bas - handicap qui m'a empêchée de faire le poirier et de toucher le fond des piscines - et je suis à peu près sûre que ça explique mon sommeil chaotique. Je me penche au bord de la nuit, mais j'ai trop peur de tomber la tête en avant, alors je me contente de m'allonger dans la fange boueuse, sans oser aller plus loin, là où l'eau devient noire et couleur de rêves.



"A vrai dire la question n'est pas comment être guéri, mais comment vivre."   Conrad, Au cœur des ténèbres.

" Dès que dans l'existence ça va un tout petit peu mieux on ne pense plus qu'aux saloperies."  Céline, Mort à crédit.








 

Elle ne ment jamais AlaskaYoung, à 18:56 et, si, "c'est un vrai mensonge".
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Dimanche 13 Novembre 2011




Je ne veux pas parler d'espoir, je veux parler de courage.
L'espoir peut être désillusionné, le courage jamais.









Elle ne ment jamais AlaskaYoung, à 21:15 et, si, "c'est un vrai mensonge".
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Mardi 01 Novembre 2011





J'ai pas de réponse. Je me rends bien compte que j'ai pas réussi à atteindre exactement le point le plus haut de la courbe. Que ma trajectoire n'est pas toujours parvenue à continuer belle et sereine vers l'avenir, que j'ai mis un grand coup de frein à ma progression un jour il y a quelques temps, je ne sais même plus exactement pourquoi. On peut peut-être pas vraiment dire que j'ai enclenché la marche arrière, mais ce qui est sûr, c'est que de la cinquième j'ai rétrogradé en première. Je parle de bagnoles comme si je savais conduire, c'est peut-être la faute à Drive, ou bien c'est juste que j'attends toujours mon enlèvement au bord d'un trottoir.


Peut-être que c'est pas la vitesse à laquelle on traverse la vie qui importe, pas plus que ne compte vraiment la longueur de la route. Je me souviens que cet hiver j'avais trouvé dans une papillote une citation de Sénèque, qui disait quelque chose comme "la vie est un conte, ce qui est important ce n'est pas sa longueur mais sa valeur", et je l'avais collée dans mon carnet bleu comme une conclusion à toutes les conneries que j'avais pu écrire auparavant. Ce qui était une erreur de ma part, car plus qu'un point final c'était le début d'une nouvelle vérité.
 Parfois j'ai l'impression que la vie ressemble au métro. Tu t'engouffres dans un tunnel noir, et quand tu ressors, rien n'est jamais exactement pareil, le paysage n'est plus le même, les personnes marchent d'un pas différent, la nuit est tombée, ou bien le soleil est sorti de derrière les nuages.
Quoiqu'il en soit tu es revenue à la surface de la terre. 
Ça me manque je crois.  



"
- Je n'ai pas d'amis, répondit-il. Et s'il m'en reste encore quelques-uns, c'est pour peu de temps.
- Pourtant ils sont dehors et montent la garde pour qu'on ne vous tue pas, dit-elle."

Gabriel Garcia Marquez, Le Général dans son labyrinthe.









Elle ne ment jamais AlaskaYoung, à 17:01 et, si, "c'est un vrai mensonge".
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Mardi 11 Octobre 2011





Tout le monde a déjà imaginé sa propre mort. Mais quand on l'a fait une fois c'est assez marrant de recommencer.


Peut-être que je sais pas tu vois je pourrais m'allonger moi aussi sur l'asphalte pour attendre un taxi, ou quelque chose en tout cas, un signe  ou une pluie d'étoile filante ou bien encore attendre qu'un mec ivre me pisse dessus.


Je me suis dit qu'après tout ce que j'ai écrit de triste dans ma foutue existence il fallait que je pleure, j'ai essayé, j'ai même imité le bruit des sanglots avec ma gorge, mais mes yeux sont restés secs et j'ai oublié à la maison mes larmes artificielles.

















Elle ne ment jamais AlaskaYoung, à 01:01 et, si, "c'est un vrai mensonge".
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Jeudi 06 Octobre 2011




Ma chambre est une marée de mouchoirs. Pour un peu on dirait presque que mon lit flotte dans la neige. Je suis camée aux dolipranes et aux walt disney. J'ai mal au crâne. Je déambule livide dans les galeries du métro, et j'attends que quelqu'un m'attrape par le coude et me dise : "rentrez chez vous".


Ici ils m'emmerdent les autres, à bouffer tout le temps que des légumes, constamment, inlassablement, et à me faire remarquer mon addiction à la junk food. Je voudrais leur répondre "et alors ?" et me tirer - avec un paquet d'un kilo de sucre pur sous le bras - mais c'est le genre de choses que je sais pas faire. Et puis jfais des efforts, alors ça m'intéresse même plus de jouer la carte de la provocation.


Dans la rue il y a des jours où je ne supporte plus leurs yeux, à ceux qui ont élu domicile sur un bout de trottoir. C'est peut-être pas tant leurs yeux que leurs mains, tendues, ou crispées sur un gobelet de café vide. Je m'arrête et j'essaie de m'imaginer ce que je penserai du genre humain, si j'étais assise par terre sans que personne ne fasse attention, sans que personne ne se penche et demande "ça va ? je peux faire quelque chose pour vous ?" J'essaie de calculer la profondeur du gouffre dans lequel ont dû plonger ces gens. C'est des calculs avec des chiffres trop grands pour moi. Ils sont devenus transparents. Ils sont en train de mourir à petit feu sous nos pieds, ils regardent passer nos jimmy choo et nos chiens, et tout le monde s'en branle. Je déteste écrire des trucs comme ça, parce qu'on dirait plus un mauvais billet pour l'Huma qu'une bonne chanson de Renaud, mais que veux-tu,  je ne sais pas me soustraire à leurs regards, la vérité est là.

 Alors j'accélère le pas, j'entre chez mac do, je commande un hamburger et une frite, on me demande si je veux des sauces, je dis oui, oui, je sors presque en courant, parce que j'ai stupidement peur qu'il soit parti entre temps, et puis non, il est toujours là, alors je lui tend le sachet, j'essaie de dire quelque chose, mais je suis maladroite ("J'ai acheté ça pour vous, je ne sais pas si vous aimez mais...").
Je me tire vite et je ne me retourne qu'au bout de la rue.

 Le vieil homme tout foutu est en train de manger son macdo comme tout le monde.


***


C'est l'automne, la cuisine est pleine d'araignées et il y a régulièrement des cafards dans ma chambre.
Quand je suis malade je suis convaincue que je ne peux trouver le sommeil qu'avec la lumière allumée, alors je fais griller l'ampoule au-dessus de mon lit, et en plus ça marche même pas.



En maths deux moins font un plus, mais dans la vie j'ai peur que ça ne marche pas comme ça. Tu auras beau collectionner toutes les tuiles du monde, rien ne te garantira jamais que ça fera éclore des arcs-en-ciels. De toute façon c'est con, personne n'a envie de voir éclore des arcs-en-ciels.


Il y a une araignée planquée en ce moment-même derrière mon radiateur. Je sais qu'elle va sortir pendant la nuit et me grimper sur le visage, et pondre des œufs partout dans mon lit et mes cheveux, et me piquer les yeux, et ça me rend malade putain.








Elle ne ment jamais AlaskaYoung, à 22:53 et, si, "c'est un vrai mensonge".
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